Quelles solutions de financement pour votre entreprise ? Le panorama complet
En résumé
Les crédits bancaires et le crédit-bail, adaptés notamment aux investissements et, selon leur forme, aux besoins d’exploitation.
Les fonds propres, apportés par les associés ou des investisseurs pour financer le développement sans échéancier de remboursement d’un prêt.
Les aides et dispositifs publics, qui peuvent apporter un financement, renforcer les fonds propres ou faciliter l’accès au crédit.
Les financements du besoin en fonds de roulement (BFR), parmi lesquels les lignes de trésorerie, l’affacturage, le reverse factoring et certaines opérations d’achat-revente de stocks.
Un levier souvent méconnu mérite une attention particulière : les stocks. Une entreprise peut utiliser les marchandises, matières premières ou produits finis qu’elle détient comme garantie d’un financement bancaire. C’est le principe du gage sur stock : le crédit apporte les fonds, tandis que les biens mis en gage sécurisent l’engagement de la banque, sans transfert de propriété.
Le choix du financement dépend du projet, du cycle d’exploitation, du coût global et de la situation financière de l’entreprise. Tour d’horizon des principales possibilités.
Quelles sont les grandes familles de financement d’entreprise ?
Avant de comparer les solutions, trois questions permettent de clarifier le besoin :
1. Souhaitez-vous financer un actif durable ou votre activité quotidienne ?
2. Votre besoin est-il ponctuel, saisonnier ou récurrent ?
3. Préférez-vous emprunter, accueillir des investisseurs ou mobiliser des actifs déjà présents dans l’entreprise ?
Financer un investissement par la dette bancaire
Le prêt professionnel. Il peut financer l’achat de matériel, de véhicules, des travaux, un fonds de commerce ou d’autres investissements. Son remboursement s’organise selon un échéancier défini avec la banque. Le prêteur apprécie la capacité de remboursement de l’entreprise et peut demander un apport ou des garanties.
Le crédit-bail (leasing). Un établissement spécialisé achète le bien choisi par l’entreprise et le met à sa disposition contre le paiement de loyers, généralement avec une option d’achat en fin de contrat. Cette formule évite de financer immédiatement la totalité du prix d’acquisition. Son coût total et ses engagements contractuels doivent être comparés à ceux d’un achat financé par emprunt.
Financer la croissance par les fonds propres
Le renforcement des fonds propres permet de financer le développement sans créer une dette remboursable selon un échéancier bancaire. En contrepartie, lorsqu’il repose sur une entrée au capital, il implique de partager une partie de la propriété de l’entreprise et, selon les droits accordés, de sa gouvernance.
Plusieurs possibilités existent : la love money, apportée par les proches ; les business angels, investisseurs privés pouvant également apporter des conseils et un réseau ; ou le capital-risque, généralement destiné aux entreprises présentant un potentiel de croissance important.
Ces solutions peuvent être pertinentes pour soutenir une phase de développement, mais elles ne répondent pas toujours au besoin ponctuel de trésorerie d’une entreprise déjà établie.
Mobiliser les aides et les financements publics
Les dispositifs publics peuvent intervenir à différents moments de la vie d’une entreprise : création, innovation, investissement, développement ou difficultés de financement.
Les prêts Bpifrance répondent à des besoins variés et obéissent à leurs propres conditions d’éligibilité. Certains dispositifs, comme Avance+, permettent de mobiliser des créances commerciales éligibles pour faire face aux délais de règlement. Les prêts d’honneur, généralement accordés à des entrepreneurs à titre personnel par des réseaux d’accompagnement, peuvent renforcer leur capacité d’apport. Le microcrédit professionnel peut constituer une solution pour certains projets qui rencontrent des difficultés d’accès aux financements classiques.
Il faut également distinguer ces financements des garanties publiques : une garantie Bpifrance ne constitue pas, à elle seule, une avance de trésorerie. Elle couvre une partie du risque du prêteur, selon les caractéristiques du dispositif retenu.
Financer son besoin en fonds de roulement : quelles solutions ?
Le besoin en fonds de roulement (BFR) correspond au décalage entre les dépenses nécessaires à l’activité achats, production, stockage et les encaissements provenant des clients. Une entreprise rentable peut rencontrer un besoin de trésorerie important si elle doit payer ses fournisseurs longtemps avant d’être réglée.
Plusieurs mécanismes permettent de financer ce décalage. Ils ne portent pas tous sur les mêmes actifs et ne font pas intervenir les mêmes partenaires.
1. Les lignes bancaires de trésorerie à court terme
Une banque peut accorder un découvert autorisé, une facilité de caisse, un crédit de campagne ou une ligne de crédit renouvelable (revolving). Le financement peut ainsi être adapté à un besoin ponctuel, à un pic saisonnier ou à un cycle d’exploitation récurrent, dans les conditions prévues par le contrat.
Le remboursement n’est pas nécessairement constitué de mensualités fixes. Par exemple, une ligne revolving peut permettre de rembourser des tirages puis de mobiliser de nouveau les sommes disponibles, dans la limite de l’autorisation accordée.
L’établissement bancaire apprécie le risque, les flux de l’entreprise et les garanties mobilisables. Lorsque le stock constitue un actif significatif, le gage sur stock peut contribuer à sécuriser ce type de financement.
2. Les garanties Bpifrance associées aux crédits bancaires
Dans certains dispositifs, Bpifrance peut garantir une partie du financement accordé par une banque. L’objectif est de partager une fraction du risque et de faciliter, sous conditions, l’accès au crédit.
La quotité de garantie dépend du programme et du dossier : il n’existe pas de pourcentage unique applicable à toutes les opérations. Cette garantie protège le prêteur dans les limites du contrat, mais ne supprime pas l’obligation de remboursement de l’entreprise.
Suivant les conditions retenues, elle peut s’inscrire dans un montage comprenant d’autres sûretés, notamment une garantie sur stock.
3. L’affacturage
L’affacturage consiste à céder des créances clients à un organisme spécialisé, appelé factor, qui peut en avancer le montant avant leur échéance. La prestation peut également comprendre la gestion des créances et, selon le contrat, une couverture contre les impayés.
Ce mécanisme mobilise principalement les factures clients correspondant à des ventes déjà réalisées. Il ne repose pas sur la propriété des marchandises encore détenues en stock. Ses coûts comprennent généralement différentes commissions et, le cas échéant, le coût du financement.
4. Le reverse factoring, ou affacturage inversé
Le reverse factoring est généralement mis en place à l’initiative d’un donneur d’ordre, en relation avec un établissement financier. Après validation des factures, ses fournisseurs éligibles peuvent obtenir un paiement anticipé, tandis que le donneur d’ordre règle à l’échéance convenue.
Cette solution peut améliorer les délais d’encaissement des fournisseurs. Son accès dépend de l’existence du programme et de l’accord des parties. La répartition des frais varie selon les contrats : elle n’incombe pas systématiquement au donneur d’ordre.
5. Le financement par achat-revente de stocks
Certains financeurs spécialisés proposent de mobiliser la valeur des stocks en achetant temporairement des marchandises à l’entreprise. Cette dernière reçoit le prix convenu et rachète ensuite les biens conformément aux modalités de l’opération.
Selon les prestataires, le fonctionnement peut comprendre plusieurs étapes :
-
une analyse de la nature des produits, de leur valeur et de leur capacité à être revendus ;
-
une connexion aux outils de gestion de l’entreprise, par exemple à son ERP ou à ses données de vente, pour suivre les stocks et les opérations ;
-
l’achat des marchandises éligibles par le financeur, alors même qu’elles peuvent rester physiquement dans l’entrepôt de l’entreprise ou chez un logisticien ;
-
un rachat progressif, parfois au rythme des ventes, ou un rachat à une échéance prévue contractuellement.
La différence essentielle réside dans le transfert de propriété des marchandises au financeur pendant l’opération. Ce modèle crée une relation contractuelle avec un acteur spécialisé, distinct des partenaires bancaires habituels, et comporte des coûts à examiner sur l’ensemble du cycle : frais liés à la durée, frais de rachat ou autres commissions selon les offres.
Il existe une autre approche pour utiliser la valeur des stocks : les mettre en garantie d’un crédit bancaire sans les vendre.
Tableau comparatif des solutions de financement du BFR
|
Solution |
Besoin principalement couvert |
Fonctionnement |
Point d’attention |
|---|---|---|---|
|
Crédit bancaire court terme |
Trésorerie d’exploitation |
La banque accorde une ligne ou un crédit |
Accord bancaire, coûts et garanties éventuelles |
|
Garantie Bpifrance |
Facilitation de l’accès au crédit |
Partage d’une partie du risque du prêteur |
Ce n’est pas un financement autonome |
|
Affacturage |
Délais de paiement clients |
Financement à partir de créances cédées |
Éligibilité des factures, commissions et conditions |
|
Reverse factoring |
Paiement anticipé des fournisseurs |
Programme initié par le donneur d’ordre |
Dépend de l’acheteur et du contrat |
|
Achat-revente de stocks |
Trésorerie immobilisée dans les marchandises |
Vente temporaire, puis rachat des biens |
Transfert de propriété et coût global |
|
Gage sur stock |
Sécurisation d’un financement bancaire |
Stocks mis en garantie au profit du prêteur |
Ce n’est pas un prêt en soi ; suivi et conditions du gage |
Ces solutions ne s’excluent pas nécessairement. Par exemple, une entreprise peut combiner une ligne bancaire garantie par des stocks et un dispositif d’affacturage sur ses créances clients.
Le gage sur stock : utiliser ses marchandises pour sécuriser un crédit bancaire
Votre entreprise dispose peut-être déjà d’un actif susceptible de renforcer son dossier de financement : les stocks qu’elle détient.
Qu’est-ce que le gage sur stock ?
Le gage sur stock, également appelé Garantie sur stock, est une sûreté qui permet à un prêteur de disposer d’une garantie sur des marchandises ou d’autres stocks éligibles. Il peut ainsi contribuer à l’obtention ou au maintien d’un financement bancaire, sous réserve de l’étude du dossier et de l’accord de l’établissement prêteur.
Trois éléments le distinguent d’une opération d’achat-revente de marchandises :
-
L’entreprise ne vend pas ses stocks pour constituer la garantie. Elle en conserve la propriété, que le gage soit constitué avec ou sans dépossession.
-
Le financement est accordé par la banque, et non par le prestataire chargé de mettre en place et de suivre la garantie.
-
Le gage ne détermine pas à lui seul le calendrier des remboursements. Celui-ci dépend du financement bancaire garanti et de ses conditions contractuelles.
Dans un gage sans dépossession, les marchandises restent normalement sur leur lieu de stockage habituel et peuvent continuer à être utilisées dans les limites prévues au contrat. Dans un gage avec dépossession, leur détention et leur disponibilité sont encadrées : elles peuvent notamment faire l’objet d’un isolement et d’une organisation spécifique dans l’entrepôt. Dans les deux cas, l’entreprise demeure propriétaire des biens gagés.
Comment fonctionne une garantie sur stock avec Auxiga ?
Le dispositif fait intervenir trois acteurs aux rôles complémentaires :
1. L’entreprise présente son besoin de financement. Elle s’engage à respecter les obligations de déclaration, de conservation et de gestion prévues au contrat.
2. La banque étudie le dossier, décide de l’octroi du crédit et définit les modalités du financement. Les stocks gagés participent à la sécurisation de son engagement.
3. Auxiga, tiers de confiance, étudie la faisabilité de la garantie avec les stocks pouvant constituer une garantie, monte le dossier de gage et en assure le suivi. Ses équipes s’appuient notamment sur des déclarations de stocks effectuées depuis le Portail Client et sur des contrôles physiques réalisés par des professionnels spécialisés.
Auxiga n’est donc pas le prêteur : son rôle est de sécuriser le dispositif entre l’entreprise et son partenaire bancaire.
Quels types de stocks peuvent être mobilisés ?
Selon leur nature, leur situation juridique et les exigences du financement, les biens éligibles peuvent notamment comprendre des marchandises destinées à la vente, des produits finis, des matières premières ou des stocks à cycle long.
Cette diversité peut être utile dans des secteurs tels que le négoce, l’agroalimentaire, l’industrie, l’automobile ou les vins et spiritueux. Par exemple, des matières premières destinées à être transformées ou des produits soumis à une longue période de maturation peuvent présenter un intérêt comme garantie, même si leur vente n’est pas immédiate.
Certains équipements ou machines-outils peuvent également être donnés en garantie au titre de mécanismes de gage mobilier adaptés. Leur situation doit toutefois être distinguée de celle des stocks proprement dits et étudiée au cas par cas.
Dans quelles situations le gage sur stock est-il utile ?
Une entreprise peut envisager ce mécanisme pour :
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Obtenir ou renforcer une ligne de trésorerie lorsque la banque souhaite disposer de garanties complémentaires.
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Accompagner un pic d’activité saisonnier, avec un crédit de campagne adapté à son cycle d’exploitation.
-
Soutenir un cycle de production ou de stockage long, lorsque les actifs restent immobilisés plusieurs mois avant d’être commercialisés.
-
Sécuriser une ligne revolving, avec des tirages et des remboursements organisés selon le contrat bancaire.
-
Compléter, lorsque le montage le permet, d’autres dispositifs de sécurisation d’un financement.
Le gage sur stock n’est pas limité aux prêts remboursés par mensualités fixes : il peut également garantir différentes formes d’engagements bancaires, selon les règles juridiques et les contrats applicables.
Ce que cela change pour l’entreprise
Le gage permet de mobiliser la valeur économique d’un actif déjà détenu, sans avoir à en céder la propriété à un financeur spécialisé. L’entreprise conserve son partenaire bancaire et peut accéder à un financement adapté à son activité, si la banque donne son accord.
Le dispositif implique néanmoins des engagements : identification des biens, suivi de l’assiette de garantie, déclarations et contrôles. Il convient donc d’en apprécier le fonctionnement et le coût dans le cadre du financement global.
Comment combiner plusieurs solutions de financement ?
Une entreprise n’a pas toujours intérêt à choisir un seul mécanisme. Les besoins d’investissement, les délais de paiement clients et les stocks immobilisés correspondent à des réalités différentes.
Quelques repères pour orienter la réflexion :
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Acheter un équipement durable : prêt professionnel ou crédit-bail.
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Financer une phase de lancement ou de forte croissance : fonds propres, aides et financements publics, éventuellement complétés par de la dette.
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Anticiper l’encaissement de factures clients : affacturage, escompte ou mobilisation de créances.
-
Financer des stocks et un besoin d’exploitation récurrent : ligne bancaire, éventuellement sécurisée par un gage sur stock.
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Renforcer les garanties d’un dossier bancaire : examiner les dispositifs publics et les sûretés mobilisables, selon leur compatibilité.
Exemple : une entreprise agroalimentaire peut financer ses approvisionnements saisonniers grâce à un crédit de campagne garanti par des stocks éligibles, puis utiliser l’affacturage pour accélérer l’encaissement de ses factures après livraison. La première solution intervient en amont de la vente ; la seconde porte sur les créances nées de ventes réalisées.
Questions fréquentes sur le financement d’entreprise
Quelle solution choisir pour financer sa trésorerie ?
Tout dépend de l’origine du besoin. Si la difficulté vient des délais de paiement des clients, l’affacturage ou la mobilisation de créances peut être adaptée. Si la trésorerie est immobilisée dans des marchandises, une ligne bancaire sécurisée par un gage sur stock peut être étudiée. Le coût, les garanties demandées et les conditions de remboursement doivent être comparés.
Peut-on obtenir un financement grâce à ses stocks sans les vendre ?
Oui. Une entreprise peut utiliser ses stocks comme garantie d’un financement bancaire au moyen d’un gage sur stock. La constitution du gage n’entraîne pas de transfert de propriété, avec ou sans dépossession. C’est la banque qui accorde le crédit ; les stocks servent à en sécuriser le remboursement.
Le gage sur stock remplace-t-il l’affacturage ?
Pas nécessairement. L’affacturage porte sur les créances clients, tandis que le gage sur stock porte sur des biens détenus par l’entreprise. Les deux dispositifs peuvent être complémentaires au sein d’un même cycle d’exploitation.
Peut-on financer son entreprise sans ouvrir son capital ?
Oui. Un prêt bancaire, une ligne de trésorerie, l’affacturage ou certains dispositifs publics permettent de financer une entreprise sans faire entrer de nouveaux associés. Ces solutions impliquent toutefois des obligations et des coûts propres à chaque contrat.
Le gage sur stock est-il réservé aux grandes entreprises ?
Non. Il peut concerner des entreprises de tailles diverses, notamment des PME, ETI et grandes entreprises, dès lors que les stocks sont adaptés au montage envisagé. L’éligibilité dépend de la nature des actifs, du dossier de financement et de l’appréciation de la banque.
Faut-il déplacer les stocks pour les mettre en gage ?
Pas nécessairement. Dans le cadre d’un gage sans dépossession, les biens peuvent rester sur leur lieu de stockage habituel. Avec dépossession, leur détention et leur accès sont organisés selon des règles spécifiques. Dans tous les cas, le gage ne transfère pas, par sa seule constitution, la propriété des stocks.
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Votre trésorerie est mobilisée par des marchandises, des matières premières ou des produits finis ? Votre banque souhaite sécuriser une nouvelle ligne de financement ou renforcer une autorisation existante ?
Auxiga accompagne les entreprises et leurs partenaires bancaires dans la mise en place et le suivi de garanties sur stock. Nos équipes étudient les actifs mobilisables et construisent, avec les parties concernées, un dispositif adapté aux besoins de l’entreprise et aux exigences de la banque.
À propos d'Auxiga
En France, l’entreprise a déployé des équipes d’experts en régions qui interviennent sur la garantie sur stocks et le contrôle d’actifs, ou « floor check » (stocks, garanties, normes…), grâce à une solution numérique d’audit unique, Smart.